DON QUIJOTE

Création 2027
Mise en scène et Chorégraphie :
Elodie Quenouillère et Florent Hamon
Interprétation : Florent Hamon
Scénographie/ costumes : Elodie Quenouillère
Ecriture musicale et sonore Florent Hamon
Création Lumière : Nicolas Gastard
Regard dramaturgique : Valentina Cortese
Regard chorégraphique : Pier-Giorgio Milano
«Tu voyais l’herbe ondoyer et tu faisais ondoyer les mots pour traduire ce qui de toi ondoyait aussi dans l’herbe» J-p Le Goff
Élodie Quenouillère et Florent Hamon s’associent pour revisiter le mythe de Don Quijote, héros intemporel de Miguel de Cervantès.
Don Quijote, c’est ce qui se lève en chacun de nous lorsque le monde devient trop sec pour rêver.
Dans un contexte politique instable, inquiet, où l’avenir semble se rétrécir, cette figure chevaleresque nous invite à rouvrir des possibles. Don Quijote est pour nous une fiction qui soigne, une utopie en mouvement. À travers ce projet, nous interrogeons la force poétique, politique et créatrice de l’imaginaire — cet espace sans limites où se réinvente sans cesse notre rapport au réel.
Nous imaginons un dialogue entre le corps et l’espace, entre la chorégraphie et la scénographie. Cette rencontre met en jeu nos intériorités respectives, nos projections du monde, nos paysages mentaux.`
Nous souhaitons instaurer un dialogue entre un imaginaire chevaleresque et la réalité contemporaine en abordant des thèmes tels que la quête de sens, la confrontation entre rêve et désillusion, et l’exploration de d’espaces imaginaires à travers des transformations scéniques poétiques.
Cette création théâtrale et chorégraphique explore la géopoétique, où la relation entre l’homme et son environnement se révèle profonde et signifiante. En mêlant réalité et fiction, la quête de Don Quichotte pour l’amour et la justice reflète la transformation des paysages intérieurs et extérieurs dans un monde en déclin. Oscillant entre grandeur chevaleresque et désillusion, la performance se présente comme une succession d’images, jouant sur la métamorphose de l’espace scénique et la fusion des genres entre opéra, farce et poésie.
Ce travail se situe dans un territoire flou, entre la fiction et la pathologie.
Ce qu’on nomme aujourd’hui “santé mentale” s’y joue aussi : dans cette capacité du cerveau à générer du sens sans s’y perdre. La mélancolie, la dissociation, l’anxiété, les troubles psychotiques peuvent être compris comme des imaginaires en excès — des récits trop puissants pour être contenus. Ce n’est pas toujours la perte de la raison : parfois, c’est trop de raison, ou une raison mal adaptée à son monde.
Quand la réalité devient insoutenable, le cerveau cherche une échappée. Non pas pour fuir, mais pour réorienter. L’utopie, en ce sens, est un effort neurologique : une reconfiguration cognitive du possible.
Utopie ne signifie pas paradis. Elle désigne un lieu qui n’existe pas encore, mais que l’on choisit d’habiter mentalement — comme une stratégie de survie.
Entre la pathologie et le rêve, il y a l’utopie : une fiction qui soigne, qui maintient le réel à bout de bras pour lui dire — je sais que tu n’es pas fini.